X3 – Reunion : quand l’Univers embrasse le Capitalisme

logo du jeu X3-Reunion

 

Fan de longue date des simulations spatiales et des jeux de gestion, j’ai débuté mon immersion dans l’univers X vers 2003 avec la sortie du second volet de la série : X² : The Threat. Mettons-nous d’accord dès le départ : effacez tout de suite ce sourire en coin et oubliez toute volonté de faire des jeux de mots grivois, l’univers X n’a rien à voir de près ou de loin avec ces sites internet que vous consultez lorsque votre maman/femme/petite amie/whatever n’est pas dans les parages. Le X provient du nom du premier jeu (X – Beyond the Frontier, X-BTF pour les intimes) où le joueur incarne le pilote du X-shuttle, une navette expérimentale terrienne dotée du premier moteur de saut inventé par l’Humanité et cherchant à ouvrir une nouvelle voie vers les colonies perdues.

Tous les chapitres de la série des X (on en dénombre aujourd’hui 5) sont des jeux exclusivement distribués sur PC tournant autour de la même idée : placer l’Univers à la portée du joueur en lui permettant de fonder un empire cosmique à partir de presque rien. Les concepts majeurs annoncés sur la boîte de jeu (oui oui, je fais partie des vieux grincheux qui aiment les copies physiques) sont les suivants : « Trade, Fight,  Build, Think. » Tout un programme en perspective, pour peu qu’on soit du genre tenace comme cet article va tenter de le montrer.

Petite précision : comme indiqué au dessus, la série X comprend 5 chapitre (6 si on compte l’extension de X-BTF) dont les deux plus récents (X3 – Terran Conflict et X3 – Albion Prelude) sont des prolongements de X3-Reunion sous forme de standalone. Si j’ai choisi de développer Reunion, c’est avant tout parce que j’y ai passé bien plus d’heures que sur les chapitres plus récents et que je l’ai toujours trouvé plus accrocheur que ses successeurs une fois combiné à un mod exceptionnel : le mod X-Tended. Si vous souhaitez découvrir Reunion, je vous conseille vivement d’installer ce mod avant toute nouvelle partie afin de pleinement profiter d’une expérience de jeu optimale. Autre conseil : utiliser un joystick ou un gamepad avec stick analogique est fortement recommandé pour les combats.

logo du mod XTM

Le mod XTended 0.75 pour X3 – Reunion (un clic sur le logo dirige vers le site officiel)

I. L’espace est grand – je suis tout petit

Lorsqu’on débute une partie de X3, on a le choix entre un mode scénarisé ou un mode Sandbox. La version « avec scénario » vous amènera à réaliser diverses missions scriptées adjointes d’affreuses cinématiques employant maladroitement le moteur de jeu. Le principal avantage à choisir ce départ est qu’il guide un peu le joueur début (mais alors juste un peu, le jeu demeurant au final assez abrupt) et qu’il permet d’amasser un capital de départ plus rapidement qu’en Sandbox (vaisseaux gratuits, primes pour certaines missions…)

Argon buster

Le Buster Argon, chasseur léger de classe M4 sur lequel la plupart des joueurs débutent leur première partie

Globalement toutefois, le départ est assez identique : le joueur dispose d’un petit vaisseau (chasseur léger M4 en mode histoire, vaisseau au choix en Sandbox selon le départ sélectionné) et d’un compte en banque particulièrement vide. Dès la première seconde, on se trouve en vol dans le cockpit de l’appareil. Inutile d’espérer marcher sur la terre ferme, tout se passe dans l’aether spatial. On commence le jeu dans un secteur, c’est à dire une zone de plusieurs centaines de kilomètres cubes de vide spatial autour d’une planète. Les différents secteurs sont connectés entre eux par des portes de saut qui fonctionnent sur le principe du trou de ver : on entre dans une singularité qui permet d’aller d’un point à un autre de l’univers quasi-instantanément.

Carte d'un secteur

La carte dynamique d’un secteur, avec la localisation de chaque objet présent (vaisseaux, stations, astéroïdes…)

Il existe une grosse centaine de secteurs dans le jeu de base, près du double avec le mod X-Tended. Autrement dit, un vaste univers à explorer et sur lequel aucune donnée n’est disponible au démarrage. Chaque secteur est sous l’influence d’une race ou d’un groupe puissant (pirates…) et renferme généralement plusieurs stations spatiales. Celles-ci sont la base de l’économie du jeu en produisant des biens et en ingurgitant des matières premières. Partout autour d’elles naviguent de nombreux vaisseaux dont les objectifs sont multiples : ravitaillement, représentation commerciale, protection, piraterie ou encore tout simplement donner une impression de vie à l’univers. Ces vaisseaux sont gérés par une IA massive et ont chacun une identification propre. On peut ainsi en suivre un sur plusieurs secteurs et le voir procéder à l’achat de métaux pour aller les revendre à une usine de satellites. Ce n’est donc pas qu’un décorum. Enfin, l’échelle des objets a fait l’objet d’une attention toute particulière : entre un petit chasseur et un vaisseau porteur, la différence de taille se ressent clairement.

II. 700 millions de pilotes… Et moi, et moi, et moi ?

Au milieu de toute cette vie en orbite, il faut donc tracer sa propre voie. Si le joueur a choisi la version scénarisé, il est pris en main et réalise quelques missions qui lui permettront d’amasser un petit capital de départ. Sinon, de multiples choix sont disponibles. On peut ainsi commencer sa carrière de commerçant en remplissant ses soutes de photopiles (la ressource énergétique facilement disponible et nécessaire pour toutes les stations) ou de pâtés de viande qu’on ira revendre aux usines. On peut aussi vouloir se la jouer ranger de l’espace et prendre pour cible tout ce qui présente le tag « Pirate » dans son identification. Cela dit, avec un chasseur léger ou un scout aussi mal équipé que les vaisseaux de départ, c’est souvent un choix risqué. A l’inverse, il est tout à fait envisageable de rejoindre les frères de la côte et de faire ses premiers crédits en forçant un cargo spatial mal protégé à larguer son chargement. De manière générale, les dogfights ne sont pas vilains du tout mais l’IA peine souvent à coordonner les attaquants multiples (ça désavantage aussi bien un groupe d’ennemis multiples que vous et vos équipiers dirigés par IA…)

un combat spatial

Combat spatial entre un Argon Nova piloté par le joueur et une corvette Xenon ennemie.

Lors de l’amarrage aux stations, le joueur aura également la possibilité d’accepter des missions comme faire le taxi dans un temps donné, protéger une station attaquée, assassiner quelqu’un, livrer un certain type de biens de façon urgente… Le principal défaut de la plupart de ces missions est qu’elles nécessitent de piloter un type de vaisseau bien précis pour qu’on puisse y accéder. Par exemple, une mission d’assassinat requiert généralement un M3 (chasseur lourd.) L’expérience est aussi importante. Au cours du jeu, le rang commercial et le rang de combat évoluent en fonction des profits réalisés et des ennemis abattus. Certains commanditaires attendront donc un pilote expérimenté pour certaines missions. A bord des stations, il est également possible de sauvegarder (c’est impossible en vol, sauf en payant pour des assurances-vie.) Par défaut, le jeu sauvegarde automatiquement au moment de l’amarrage.

écran de vente

Arrimé à une station, il est possible de faire du commerce.

Quoi qu’il en soit, toute interaction commerciale ou martiale avec une des races principales (celles qui sont ouvertes au commerce) ou avec les pirates aura des conséquences sur la façon dont le joueur est perçu au sein de l’univers. Un système de réputation est en place, on possède donc un rang de notoriété avec chaque race ou groupe important. Chaque action amicale (commerce avec une station, destruction d’un hostile, réalisation d’une mission…) améliore cette notoriété, et inversement pour les comportements hostiles. Bien évidemment la notoriété conditionne la réaction des différentes races et les forces de protection d’un système Boron tireront à vue sur les propriétés du joueur s’il est en très mauvais terme avec eux. De plus, la vente de certains équipements et vaisseaux est directement liée à la réputation. Inutile d’espérer acheter un chasseur lourd aux chantiers spatiaux d’une race avec laquelle on est tout juste vaguement ami. Cela dit, comme dans notre monde l’argent achète tout, même l’amitié. Il est donc possible de graisser la patte aux autorités afin d’améliorer sa réputation.

rang du joueur

Le statut du joueur, qui progresse en fonction de toute action réalisée, ainsi que sa fortune actuelle.

III. Shut up and take my money !

D’une manière ou d’une autre le joueur finit par accumuler quelques dizaines de milliers de crédits au bout de la première demi-heure de jeu. Ça paraît beaucoup, ça reste en réalité très peu mais cet argent va permettre de réaliser quelques investissements utiles pour la suite.

Au démarrage, le vaisseau possédé n’est pas au maximum de ses capacités. Avoir des crédits frais à dépenser permet de faire un détour par un dock d’équipement afin de gonfler les caractéristiques de la bête. Vitesse, manœuvrabilité et espace en soute sont améliorables jusqu’à un certain point. L’armement embarqué et les boucliers peuvent également être remplacés par des modèles plus puissants, toujours jusqu’à une certaine limite. Inutile d’espérer monter un bouclier de croiseur spatial sur un petit chasseur.

Les caractéristiques d’un vaisseau (ici un transport de personnel de classe TP)

Il est aussi fortement conseillé d’investir dans des extensions logicielles (des « scripts ») pour augmenter le potentiel de son vaisseau. Elles permettent de réaliser de nombreuses nouvelles actions mais également d’automatiser le fonctionnement d’un vaisseau. Ainsi avec un logiciel particulier on peut donner à son véhicule l’ordre de ramasser des containers de marchandises libérés après une bataille spatiale ou de scanner des astéroïdes pour évaluer leur richesse minérale. Un autre ajoutera un ordinateur de visée très utile lors des affrontements.

Un exemple de vaisseau sur lequel ont été installés plusieurs scripts et modules optionnels.

Petit à petit donc, on va accumuler de l’argent et en investir une partie dans l’équipement de son spationef jusqu’à se rendre à l’évidence qu’il commence à atteindre une limite. Espace en soute trop petit pour des transactions vraiment lucratives, armement trop faible pour aller taquiner les gros convois commerciaux ou les meutes de pirates bien équipés, chaque joueur finira par se sentir à l’étroit en fonction de sa façon de jouer. C’est le bon moment pour penser à changer de vaisseau et à passer au modèle supérieur, selon les possibilités. Toutefois, contrairement à beaucoup de jeux du genre, changer de vaisseau ne signifie pas obligatoirement revendre l’ancien. X3 vous permet en effet de posséder de multiples engins spatiaux, un « actif » (celui que vous pilotez) et les autres dirigés par une IA selon ce que vous souhaiterez leur faire faire. Vous pouvez ainsi être en train de chasser des envahisseurs extraterrestres dans un secteur mal protégé pendant que votre cargo super-lourd réalise des ventes très profitables dans les secteurs centraux.

Un vaisseau piloté par le joueur (au centre) accompagné par 4 wingmen dirigés par l’IA et volant en formation avec lui.

IV. Everybody wants to rule the world

Dans une partie de plusieurs heures, un joueur finit par atteindre un stade où son compte en banque lui permet de passer au niveau supérieur du business : la construction de stations. C’est là où X3 devient réellement un jeu de gestion car il faudra choisir dans quel produit on souhaite investir, définir l’emplacement idéal pour un maximum de profits (en général une zone où le produit fabriqué est très demandé et où les matières premières sont abondantes) embaucher un méga-transporteur pour acheter et construire la station et enfin gérer ses besoins et ses ventes en lui attribuant quelques transporteurs automatisés.

L’écran des propriétés regroupe l’ensemble des possessions du joueur (stations & vaisseaux) ; ici la partie est déjà bien avancée.

Par commodité, on peut relier plusieurs stations en un seul et même complexe. Par exemple, une distillerie d’alcool spatial nécessite des apports en blé. On peut donc acheter les deux stations, les relier à l’aide d’un connecteur et le blé produit sera directement transféré à la distillerie sans besoin d’un vaisseau intermédiaire. Simples au départ, ces complexes évolueront en fonction de vos envies et de votre compte en banque jusqu’à parfois devenir 100% autonomes. Etant donné que le jeu n’inclut aucun frais de gestion ou de taxes, un complexe industriel devient alors un formidable générateur de crédits, pour peu que le produit soit demandé. A ce propos, l’univers X est assez proche de l’univers réel et les biens les plus recherchés sont l’alcool, la drogue, les armements et les produits de haute technologie…

Un grand complexe industriel 100% autonome avec plus d’une dizaine de stations interconnectées.

Une partie de X3 peut durer plusieurs centaines (milliers?) d’heures si on adhère au jeu et tous les fantasmes de l’Empereur Spatial qui dort en chacun de nous peuvent se réaliser. Une gigantesque flotte de guerre avec des vaisseaux-mères abritant 100 chasseurs lourds ? Possible. Des milliers de stations commerciales générant 200 fois plus d’argent que les gouvernements du jeu ? Largement possible. C’est d’ailleurs un des gros défauts du jeu mais il n’apparait qu’après de longues heures de jeu. Quoi qu’il en soit, X3 est un jeu très riche, encore plus s’il est couplé au mod X-Tended et il devrait ravir tout joueur à la recherche d’un jeu profond, long et qui nécessite du temps pour être apprivoisé. Je présente par avance toutes mes excuses à quiconque perdrait sa vie sociale suite à la lecture de cet article.

Dans une partie très avancée, on finit par posséder son propre Quartier Général (qui fait chantier naval et station d’ancrage pour vos gigantesques vaisseaux de guerre) et une flotte imposante (valeur des objets sur l’image : 500 millions de crédits environ…)

Quelques adresses utiles :

Le site officiel du jeu

Le site de la communauté « The X Universe » qui héberge le mod Xtended

Un site très utile pour récupérer de nouveaux scripts, les installer ou apprendre à en créer.

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