Paolo Pellegrin (Dies Irae)

Pellegrin est un photographe très connu. Difficile de ne jamais avoir entendu parler de lui entre ses différentes expositions, livres et récompenses dans les concours photos (avec notamment 9 prix au World Press Photo). La Maison Européenne de la Photographie à Paris expose jusqu’au 17 juin certaines de ses photographies plutôt récentes, de 1998 à 2010. Tous les sujets d’actualité majeurs de ces dernières années sont là: l’ouragan Katrina, le seïsme à Haïti, l’Irak. Une occasion pour moi de découvrir mieux ce photographe que je connaissais déjà par quelques photos éparses.

La plupart des clichés sont en noir et blanc et présentent un très fort contraste. Nombreuses sont les photos dont la qualité technique n’est pas idéale ; le flou est souvent présent de même que le bruit. Il est évident, pourtant, que cela ne nuit pas à la qualité des photos. Le travail de Pellegrin nous rappelle à juste titre que des faiblesses techniques ne nuisent pas à la signification ou la valeur de bonnes photos. Mieux: ils contribuent parfois à représenter à sa juste valeur une situation agitée, extrême. (Les reproductions présentées ici ne rendent de loin pas tout l’intérêt des originaux).

Egypte, 2011. Manifestations anti-Moubarak sur la place Tahrir, Le Caire.

Parfois au contraire, la beauté d’une photo tranche avec la dureté du sujet. Pellegrin s’intéresse souvent à la situation des enfants dans des situations de conflit. Dans ces cas, par exemple, l’esthétique et la réalité entrent dans une confrontation dramatique.

Haiti, 2010. Fosse commune à ciel ouvert, au cimetière de Leogane, à la suite du tremblement de terre qui a dévasté le pays.

Pellegrin dit: « Mon rôle, ma responsabilité consistent à créer les archives de notre mémoire collective ». Et bien qu’il le revendique, son travail n’apparait pas comme objectif : une série de photos en Israël et Palestine en est l’exemple le plus flagrant. Pour autant, il ne semble pas que cela soit intentionnel: ces images ne sont qu’un témoignage localisé de ce que Pellegrin a pu voir. C’est le spectateur de ces photos, plus que le photographe, qui crée un jugement de valeur.

Palestine, 2002. Palestinien arrêté à qui on bande les yeux, lors d’une intervention de l’armée israélienne près de Jénine.

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